Complétons notre tour de Scandinavie par le plus petit pays, mais pas en reste pour sa culture : le Danemark. Autrefois, le royaume danois était le plus influent de la sphère scandinave et gouvernait tantôt la Suède, puis la Norvège et enfin les deux à la fois. Pour une entrée en matière je vous embarque pour un long week-end au Danemark à la découverte de Copenhague et Roskilde.
Copenhague
Copenhague signifie littéralement « le port des commerçants » en vieux danois et c’est ainsi que tout a commencé au Xe siècle, avec la fondation de ce qui était un village de pêcheurs à l’époque viking. De là, les choses ont bien évolué en mélangeant l’ancien et le moderne. Mais ce qui m’a le plus frappée c’est l’omniprésence des vélos pour se déplacer. C’est d’ailleurs ce que je vous recommande pour découvrir la capitale danoise, louez un vélo et baladez-vous partout car toute la ville est aménagée pour les cyclistes !
Nyhavn & Strøget
Impossible de ne pas vous parler de ce quartier incontournable qui orne toutes les cartes postales de la capitale : Nyhavn. Traduit du danois par le « nouveau port », celui-ci fut construit au XVIIe siècle, en creusant le canal afin de relier la mer à la Place Royale « Kongens Nytorv ». Nyhavn, alors très fréquenté par les marins, devint un haut lieu de la décadence où la boisson coulait à flot et où les femmes offraient leur compagnie à ces messieurs.

Heureusement, la réputation du quartier est aujourd’hui toute autre ! Nyhavn c’est des maisons aux façades multicolores alignées le long d’un canal dynamique et vivant. C’est le spot photos incontournable et de nombreux restaurants, bars, cafés et jolies boutiques se trouvent aux rez-de-chaussée. D’ailleurs, Nyhvan est érigé au rang de port-musée avec ces bateaux amarrés et la restauration des demeures dans les années 1970, dont figurent trois des anciennes maisons du conteur Hans Christian Andersen.


Après une balade le long du canal, poursuivez en direction de « Kongens Nytorv », cette place où vous découvrirez de beaux édifices tels que le théâtre royal, la très belle ambassade de France et le Magasin du Nord ; puis remontez la « Strøget » ou grand-rue piétonne, l’une des plus grandes d’Europe. De nombreuses boutiques plus ou moins luxueuses vous attendent si vous aimez le shopping. Avec un peu de patience, vous pourrez même entrer chez Lego, qui est une enseigne née au Danemark ! Au cours de votre trajet, arrêtez-vous un instant sur la charmante place « Amagertorv » où se dressent l’apaisante fontaine aux Cigognes et le célèbre Café Europa.

La Petite Sirène
Mais qu’est-il arrivé à la photo ? Où est passée la Petite Sirène, ce symbole emblématique de Copenhague ? Eh bien, cette petite statue en bronze d’à peine 1,25 mètre n’est tout simplement pas libre de droits en reproduction (photo ou autre), sauf dans le cadre d’une demande de droits officiels. Admirez donc ce beau drapeau danois et rendez-vous en 2030 pour la révélation. La sculpture créée en 1913 par Edvard Eriksen, semble rêver au sommet de son socle de pierre, ouvrant sur la mer. L’artiste s’est inspiré évidemment du personnage du conte éponyme de son compatriote Andersen, mais a pris pour modèle de visage la danseuse Ellen Price et pour le corps son épouse Eline, puisque la ballerine n’accepta pas de poser nue.

En pleine journée, attendez-vous à jouer des coudes pour pouvoir la photographier de face. C’est l’une des activités gratuites de la capitale danoise, mais des plus prisées également par les hordes de touristes qui arrivent dès 9h. Mon conseil : venez lui rendre visite tôt le matin pour profiter d’une jolie lumière et davantage de tranquillité ! Non loin de la Petite Sirène, poursuivez la balade jusqu’au fort Kastellet, construit au XVIIe siècle, sur un plan en forme d’étoile et dont le parc est ouvert librement à la visite.
Amalienborg & l’Eglise de marbre
Un autre site emblématique de la cité danoise c’est le complexe d’Amalienborg, la résidence officielle de la famille royale du Danemark, composée de quatre palais identiques entourant une place octogonale. Au centre de celle-ci, s’élève une statue équestre de Frédéric V, le roi commanditaire de ce projet. Toutes les façades sont de style néo-classique, ce qui contraste avec les intérieurs rococo. La place elle-même est assez impressionnante et prend complètement vie lors de la relève de la garde tous les jours à 12h. Pour pousser la découverte encore plus loin, rendez-vous au musée Amalienborg pour voir près de 500 ans d’histoire au travers des pièces de la demeure et du trésor royal conservé. Les visites sont libres ou guidées et il est plus avantageux de réserver l’entrée en ligne, ainsi que l’audioguide à 35 couronnes danoises dans le cas d’une visite libre.



Dans la continuité d’Amalienborg, la « Frederiksgade » vous conduit droit à la surprenante Eglise de marbre « Marmorkirken ». Bien que le souhait de l’architecte d’origine était réellement de construire l’entièreté de l’édifice en marbre pour s’aligner au prestige du palais royal en face, des coupes budgétaires et la mort de l’architecte figèrent le chantier de l’église pendant 150 ans. Les plans sont alors revus à la baisse et on troque le marbre pour des pierres de calcaires.


Néanmoins, ce qui distingue l’église des autres nombreux clochers de la ville, c’est sa coupole en cuivre. Il s’agit de la plus grande coupole de Scandinavie pour un diamètre de 31 mètres, qu’il est possible de visiter en petits groupes, tous les jours à 13h30 pour 50 couronnes danoises, afin de profiter du panorama sur la capitale. L’entrée de l’église est, quant à elle, gratuite et accessible en-dehors des offices.

Serre tropicale & serre aux papillons
Copenhague recèle de plein d’activités kids-friendly, autrement dit pour toute la famille, parmi lesquelles on peut compter le planétarium, le zoo, Experimentarium ou encore les Jardins de Tivoli. Mais j’aimerai vous parler d’un lieu unique en plein cœur du jardin botanique (libre d’accès) de la capitale : la serre tropicale et sa serre aux papillons. La grande serre tropicale est érigée en 1874 d’après un style victorien, en s’inspirant fortement du Crystal Palace de Londres, lors de l’Exposition universelle de 1851. Ainsi, palmiers et autre essences tropicales s’épanouissent sous le dome de verre de la serre. Des beaux escaliers en colimaçon permettent de prendre de la hauteur jusqu’à la galerie supérieure et nous offrent une vue sur la canopée. C’est d’ailleurs une excellente activité à faire l’hiver, car l’humidité de la serre tient vite chaud et c’est encore plus intense sous le dôme !



Au palier inférieur de la serre tropicale est nichée la tant attendue serre aux papillons. Cet espace sécurisé permet aux papillons de voler librement d’une plante à l’autre et nous offre un spectacle de couleurs et de douceur. L’espace n’est pas grand mais cela ne m’a pas empêchée de rester environ 1 heure pour capturer les meilleurs clichés de ces fabuleux insectes. Pour les familles, c’est le moment d’introduire la notion de délicatesse aux plus jeunes, car il est bien évidemment interdit de toucher les papillons au risque de leur briser les ailes. Mais si un papillon veut se poser sur vous, accueillez-le. De quoi sensibiliser petits et grands à la faune et la flore, ô combien précieuses ! Le billet d’entrée inclus d’office les deux serres pour 70 couronnes danoises, pourquoi s’en priver ?
Roskilde
La ville de Roskilde est située à l’ouest de Copenhague et il est très rapide de s’y rendre. La cité fut d’ailleurs la première capitale du Danemark entre le Xe et le XVe siècle et très importante pour le commerce. Roskilde aujourd’hui rayonne par sa quiétude et son influence historique et culturelle.
Musée des navires vikings
La renommée de Roskilde lui vient notamment de son passé viking et la découverte de cinq drakkars dans son fjord, remontés à la surface 1962 afin d’être exposés dans un musée. Et le plus surprenant dans cette histoire, c’est qu’il ne s’agissait pas d’un accident, les bateaux ont été volontairement coulés au XIe siècle ! Remplis de pierres, ils avaient pour but de faire barrage en amont pour protéger Roskilde, alors puissant centre commercial. Lors de l’excavation des épaves, les fragments de bois ont été assemblés pour reconstituer ce qu’il restait des navires et comblés par une structure métallique dans le musée.


En plus de voir les bateaux de vos propres yeux, un film explique bien les fouilles menées, ainsi que l’histoire de ces vaisseaux et le musée complète l’exposition avec des artéfacts de l’ère viking pour mieux appréhender ce monde. A l’extérieur, des ateliers de travail du bois et de corderie sont très ludiques et complètent bien l’exposition. Quant à la situation du musée, nous sommes en bord de fjord et des promenades en bateaux reproduits d’après le style de l’époque sont proposées. Pour toutes les informations pratiques de votre visite, rendez-vous sur le lien suivant.


Cathédrale
La cathédrale de Roskilde, classée au patrimoine mondial par l’UNESCO, témoigne de l’héritage culturel du pays avec sa nécropole royale dotée de 39 tombeaux de monarques danois. Elle est essentiellement bâtie aux XIIe-XIIIe siècles, en style gothique de brique, très courant dans les pays nordiques. De l’extérieur, l’édifice paraît simple, sobre, mais c’est une autre histoire lorsqu’on pousse les portes.
En approchant du chœur, on se retrouve face à la finesse des détails sculptés sur le bois de l’autel ou des stèles, ainsi que sur le marbre des tombeaux. En effet, le gisant de Marguerite Ière de Danemark et le sarcophage de Frédéric IV de Danemark sont stupéfiants de beauté. De plus, baladez-vous des les chapelles rayonnantes en périphérie du chœur, chacune est décorée à sa façon, ce qui fait la diversité de l’édifice. On peut facilement passer 45 minutes dans la cathédrale ! Pour préparer votre venue, voici quelques informations qui devraient vous aider ici.


Enfin, le Danemark est une destination simple regorgeant d’activités qui raviront petits et grands et de promenade à pied ou à vélo. Une balade en bateau donne toujours une autre perspective. Ce programme n’est clairement pas exhaustif et il est facilement adaptable sur un week-end de 3 ou 4 jours. Et finalement, est-ce que ça n’est pas ça le Danemark ? Se laisser porter là où le vent nous mène !

















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